Stupeur et tremblement: le film qui ne donne pas envie d’aller travailler au Japon

Amélie, une femme belge qui a passé neuf années de sa vie au Japon, a toujours admiré le raffinement et l’art de vivre japonais. Lorsque son père lui obtient un contrat de traductrice au sein de la prestigieuse compagnie Yumimoto, elle revient sur sa terre natale, sans se douter qu’elle y sera accueillie en héroïne.

Cette jeune fille est sous les ordres de Saitama Mori, appelée « Fubuki ». Mademoiselle Mori est sous les ordres de Monsieur Saito qui lui est sous les ordres de Monsieur Omochi et lui même est sous les ordres de monsieur Haneda: Amélie-san reçoit donc des ordres de tout le monde.

Amélie devient assez rapidement indispensable à ses supérieurs hiérarchiques qui lui admettent une certaine « capacité au travail ». Elle fera part de ses « stratégies » comme de ses astuces afin de ne pas démissionner et ainsi, conserver son honneur (notion fondamentale japonaise).

Ce film résume l’histoire d’une déchéance cruelle et injuste :

Au début tout se passe bien quand Fubuki commence par sympathiser avec elle. Cependant Amelie ignore que l’état d’esprit japonais est xenophobe. Ses supérieurs racistes, odieux et sans cœur profitent de la moindre de ses erreurs pour la punir sévèrement. De son poste de traductrice elle finira femme de ménage, à nettoyer les toilettes. D’une personnalité plutôt naïve elle subit de la part de ses supérieur une pression sans précédent. Ils la poussent à bout et elle finit par comprendre qu’elle n’a pas sa place au sein d’un groupe ayant un état d’esprit à la fois  xénophobe et différent.

A la fin elle annonce à tous ses supérieurs qu’elle ne renouvellera pas son contrat en commençant par Fubuki et en finissant par monsieur Haneda. Ce dernier qu’elle n’a pratiquement pas vu, lui dit gentiment qu’il est désolé pour l’expérience que ses supérieurs lui ont fait endurer et que si elle veut revenir y travailler »la porte lui sera à nouveau ouverte »(dans la tradition japonaise quand on rentre dans une entreprise on y est pour la vie, autrement dit quand quelqu’un y a déjà travaillé, il représentera toujours une part de l’entreprise).

Ce film montre une image du Japon telle qu’elle était il y a plus de vingt ans, un Japon plus fermé et traditionaliste que celui d’aujourd’hui qui subit petit à petit l’influence de l’occidentalisation.

On remarque que les stratégies utilisées pour « faire bien marcher l’entreprise» reposent sur une structure hiérarchique particulière et sur la provocation d’une ambiance de stress. Il faut obéir à son supérieur et ne jamais contester ses dires même si il a tort et qu’il agit de façon irrationnelle. Et gare au moindre petit détail!

(L’image montre Amelie entrain de se faire reprimander et ridiculiser par Fubuki et monsieur Saito)

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